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Même sans terres, leurs revenus agricoles augmentent

Production et valeur ajoutée

Dans des bidonvilles d’Ouganda, 880 femmes produisent jusqu’à 100 Kg de légumes par saison grâce à des fermes verticales.

© Women Smile Uganda

Fermes verticales

En Ouganda, des groupes de femmes marginalisées, sans terres, pratiquent une agriculture verticale et le lombricompostage afin d’augmenter les revenus et la sécurité alimentaire dans la capitale.

Plus de 880 femmes de bidonvilles ougandais pratiquent l’agriculture verticale pour produire des cultures vivrières, comme des haricots, aubergines, nakatti (légume vert courant dans le centre de l’Ouganda), pois, épinards et tomates. Après avoir été organisées en groupes et avoir reçu une formation pratique de l’ONG locale Women Smile Uganda, ces femmes ont déjà généré des ventes de produits pour une valeur de 93 482 € en trois ans d’activité. “Comme elles ne possèdent pas de terres, nous leur apprenons à construire des fermes verticales, moins dépendantes du sol, et à cultiver des plantes à l’aide de l’irrigation goutte-à-goutte”, explique Lilian Nakigozi, cofondatrice de Women Smile Uganda.

L’ONG a commencé ses activités dans les bidonvilles de Katanga, à Kampala, en constituant des groupes de 20, 30 ou 50 femmes. Depuis 2016, Women Smile Uganda a fait construire plus de 300 fermes verticales par l’organisation Community Innovations Hub, en utilisant des structures en bois à assemblage simple qui peuvent accueillir 50 et 100 kg de produits par saison. “Nous avons deux saisons de culture par an. Nous renforçons la capacité des femmes à augmenter elles-mêmes la production des fermes verticales car l’intérêt pour ce système grandit sans cesse”, souligne-t-elle. Une équipe de 15 personnes accomplit un travail de vulgarisation auprès des femmes.

Chaque groupe paie une cotisation et reverse 5 % de ses ventes à Women Smile Uganda. “Avec les sommes épargnées, nous allons créer notre propre atelier de fabrication de fermes verticales et une ferme de démonstration dans le district de Mityana (nord-ouest de Kampala)”, annonce Lilian Nakigozi.

De plus, les femmes apprennent à faire du compost à partir de déchets urbains biodégradables. Pour ce processus de lombricompostage, les femmes mélangent des déchets de papier, de la bouse de vache, des déchets de cuisine, des vers de terre et de l’eau, puis mettent cette matière dans des bidons où elle se décompose en 10-15 jours. L’engrais est mélangé à de la terre et déposé dans les caisses en bois des fermes verticales, où sont plantées les cultures. Celles-ci mettent jusqu’à trois mois pour arriver à maturité et sont achetées, pour la plupart, par un grossiste spécialisé dans les produits frais du marché de Kalerwe, au nord de Kampala. “Nous récoltons 5-10 sacs de légumes par mois, soit un minimum de 60 sacs par an”, comptabilise Maureen Nalunga, présidente du groupe de Twekembe, à Katwe, le plus grand de tous. “Nos membres sont heureuses des changements positifs dans leurs vies.”

“En novembre, nous lancerons une ferme verticale à Kisenyi, le bidonville le plus étendu de Kampala”, annonce la dirigeante de l’ONG. “Des réfugiées somaliennes seront au nombre des bénéficiaires. Actuellement, nous ouvrons notre dernière succursale dans la ville d’Arua, dans la région du Nil du nord-ouest, près de la République du Congo et du Soudan du Sud.” Women Smile Uganda ambitionne d’enrôler jusqu’à 3 500 femmes d’ici à 2023, et de leur permettre d’obtenir des microcrédits auprès d’institutions financières.       

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