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Au Niger, les plantes indigènes aident à lutter contre l’insécurité alimentaire

Production et valeur ajoutée

Produits nutritifs

L’entreprise sociale Sahara Sahel Foods exploite des plantes indigènes résistantes au climat aride du Sahel pour produire des aliments nutritifs. Résultat : de meilleurs revenus pour les agriculteurs et un environnement préservé.

Au Niger, l’entreprise sociale Sahara Sahel Foods valorise la qualité nutritive de feuilles, fleurs, fruits et graines d’une quinzaine de plantes sauvages, ce qui contribue à renforcer la sécurité alimentaire, lutter contre la malnutrition et la désertification tout en procurant un revenu supplémentaire aux populations rurales nigériennes.

Lancée officiellement en 2014 avec un fonds initial de 1 200 € constitué d’économies personnelles de son fondateur, Josef Garvi, Sahara Sahel Foods exploite des plantes indigènes résistantes au climat aride du Sahel pour produire des aliments humains très nutritifs. Son unité industrielle est implantée dans la région de Zinder, dans le sud-est du pays. La gamme d’aliments comprend 35 produits, tels que des jus et pulpes de fruits, des huiles, des amandes, des pâtisseries, des infusions, tous produits à partir d’une quinzaine d’espèces végétales naturelles de la région.

Ces plantes – Balanites aegyptiaca, Mearua crassifolia, Boscia senegalensis, Ziziphus mauritiana, Ziziphusspinachristi, Adansonia digitata… –, qui poussent naturellement dans les champs de céréales et de légumineuses, produisent des fruits, des feuilles, de la gomme, etc. Auparavant, les populations se contentaient de les cueillir et de les consommer immédiatement ou de les utiliser dans la médecine traditionnelle.

Par ailleurs, ces plantes freinent l’érosion des sols par les eaux de ruissellement. Leur caractère pluriannuel (elles sont disponibles toute l’année) les rend d’autant plus intéressantes pour lutter contre la désertification. L’objectif est d’inciter les populations rurales à prendre soin de ces arbres indigènes et à les planter, ce qui permet d’atténuer les effets des crises alimentaires qui surviennent de manière cyclique au Niger.

Les aliments conditionnés sont vendus dans des magasins de tout le pays. “Nous avons débuté nos activités avec le Anza dont les graines sont consommées surtout en période de famine. Avec certaines techniques, nous en extrayons totalement le goût très amer et fabriquons de pseudo-céréales”, explique Josef Garvi, promoteur principal de l’entreprise.

Au départ, les populations sollicitées pour la cueillette des fruits, des feuilles et même de la gomme des plantes n’ont pas adhéré au projet, estimant qu’il n’y avait aucune rentabilité à en tirer. Aujourd’hui, Sahal Sahara Foods collabore avec 1 500 femmes dans les trois régions du pays (Diffa, Maradi et Zinder). Celles-ci bénéficient désormais d’un revenu issu de l’activité de cueillette et reboisent les champs familiaux avec les plantes indigènes négligées, grâce à des techniques modernes de plantation de semis, comme la régénération naturelle et le semis direct. Selon Josef Garvi, “les collaboratrices de l’entreprise gagnent pour certaines plus de 100 000 francs CFA par an (152,45 €)”.

En découvrant les revenus supplémentaires générés par la cueillette, mais aussi les aliments nutritifs produits par Sahara Sahel Foods à partir des plantes sauvages, les populations ont été séduites. Le succès de l’entreprise auprès de ces dernières est tel que, dès la deuxième année, l’entreprise a récolté 50 tonnes de fruits, feuilles et gomme, soit le double des 25 tonnes escomptées. “Nous savions que certains de ces arbres naturels produisent des aliments pour une consommation locale, mais nous ignorions qu’ils pouvaient nous procurer un revenu monétaire substantiel, même en cas de mauvaise récolte”, raconte Mamou Rabia, une paysanne de la région de Maradi. “Grâce à Sahel Sahara Foods, nous avons désormais une activité lucrative permanente. Mieux, nous sommes devenues des agents forestiers locaux permanents”, renchérit Barira Safiatou, une autre femme de la même région.

“Les semences sont semées en grilles. Au bout d’un an, on commence à éclaircir les plantes qui ont germé dans une grille, en gardant la plus forte. Une grille de semis direct permet en général d’obtenir un arbre mature”, explique Josef Garvi. Son ambition est d’implanter des unités de collecte et de transformation des produits de cueillette dans les autres régions du pays, mais surtout de reproduire le modèle vers d’autres pays où existent les mêmes variétés d’arbres indigènes.

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