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Au Cameroun, le poivre certifié qui a tout changé

Production et valeur ajoutée

Propriété intellectuelle

Depuis l’attribution d’une indication géographique protégée à une variété unique de poivre, les agriculteurs de la région du Littoral ont fortement augmenté leurs revenus. Leur produit, l’un des trois en Afrique bénéficiant d’une telle certification, voit ainsi sa qualité et son importance économique reconnues. Un gage d’avenir pour la région.

Le poivre de Penja d’une association de producteurs du village de Penja, dans la région du Littoral, dans l’est du Cameroun, s’est vu décerner une indication géographique protégée (IGP) en 2013 par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), avec le soutien de de l’Agence française de développement (AFD). Depuis, le nombre de membres de l’association est passé de 20 à 300 et le prix du précieux poivre blanc a grimpé en flèche.

Selon des experts agricoles, le microclimat naturel de la vallée de Penja et le sol volcanique des flancs des monts Koupé et Manengouba confèrent au poivre sa saveur et son goût uniques qui suscitent une demande croissante sur les marchés nationaux, régionaux et internationaux. Environ 60 % du poivre de Penja est consommé localement et dans les pays voisins, et les 40 % restants sont exportés vers les marchés européens. “C’est une vraie bénédiction pour le Cameroun, et en particulier pour les producteurs de Penja, que le poivre de Penja devienne de plus en plus un produit d’exportation comme le cacao et le café”, a déclaré Henri Eyebe Ayissi, ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Le poivre de Penja est l’un des trois produits africains, avec le miel d’Oku du Cameroun et le café Ziama Macenta de Guinée, à détenir une IGP interdisant l’utilisation du nom de produit en dehors de sa région d’origine. Le label impose aux producteurs d’observer des principes stricts pour maintenir les plus hautes normes de qualité. Ils doivent notamment produire le poivre dans une zone géographique délimitée, accepter le code de conduite défini par l’association et se soumettre à l’inspection régulière d’une équipe de membres de l’association, explique Emmanuel Nzenewo, secrétaire exécutif de l’Association des producteurs de poivre de Penja (APPP). Le respect de ces principes contribue à l’amélioration continue de la qualité du produit. “Les producteurs de la région travaillent dur pour conserver la qualité naturelle du produit et ces efforts portent aujourd’hui leurs fruits”, affirme Amos Ngolle, de la délégation divisionnaire de l’agriculture au Moungo, un département de la région du Littoral.

Avec le succès de la certification et la demande consécutive provenant de restaurants des quatre coins du monde, la production est passée de moins de 150 tonnes en 2014 à 350 tonnes en 2016. Le prix a aussi augmenté de manière spectaculaire depuis la certification : de 3,80 €/kg avant septembre 2013, il est passé à 12 €/kg en 2014 et à 21,3 €/kg en 2015/2016. Cette envolée du prix a permis aux producteurs d’améliorer leurs revenus et d’étendre leurs zones de production. “Depuis la certification, le marché de notre produit est devenu stable et sûr, garantissant ainsi nos revenus”, témoigne David Nzoto, un producteur membre de l’APPP. Une autre productrice, Gabrielle Elung, a fait passer la surface de son exploitation de 8 ha en 2012 à 12 ha en 2017. Dans le même temps, le nombre de membres de l’association a été multiplié par quinze.

La culture du poivre de Penja attire aussi de plus en plus les jeunes : le secteur en emploie plus de 500 dans la région lors des périodes de récolte. “Je n’emploie pas moins de 20 jeunes dans mon exploitation lors des récoltes, car l’activité demande beaucoup de main-d’œuvre. Nous devons récolter, nettoyer puis sécher le poivre avant de le vendre”, explique Gabrielle Elung. D’après le président de l’association, des efforts particuliers sont déployés pour attirer davantage de jeunes, notamment par des formations en production poivrière et par la création de nouvelles plantations.

En 2016, face au poids économique croissant du poivre de Penja, le gouvernement a construit et équipé un bureau pour l’association des producteurs et il leur a fourni 10 tracteurs et 15 puits à eau potable. Cette aide a permis d’augmenter la production et d’avoir de l’eau à disposition tout au long de l’année.

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