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Au Cameroun, l’ananas donne du peps à l’économie

Production et valeur ajoutée

par

Agroalimentaire

Soutenue par le gouvernement, l’entreprise agroalimentaire Mukete Estates Limited s’est lancée dans la production et la transformation de l’ananas à grande échelle. Créant ainsi des opportunités d’emploi pour les jeunes.

Nfon Victor Mukete, propriétaire de Mukete Estates Limited, s’est lancé dans la culture de l’ananas en 2014. La première année, la plantation a produit 1 200 tonnes d’ananas, avec une main-d’œuvre de 25 personnes sur une surface de 44 hectares. Dès 2014, M. Mukete a également bénéficié d’Agropole, un programme gouvernemental d’appui aux entreprises agroalimentaires, qui lui a fourni une unité de transformation lui permettant de produire du jus de fruit sur site, ainsi que des équipements agricoles (dont deux tracteurs, un générateur et des pompes à eau) d’une valeur de plus d’un million d’euros. Grâce à ce soutien, l’entreprise a pu accroître sensiblement sa production. Fort d’une main-d’œuvre de plus 500 personnes, 8 260 tonnes d’ananas ont été récoltées sur 118 hectares jusqu’en septembre 2017.

La transformation et la commercialisation des ananas sur site a permis de valoriser la production : un ananas de l’exploitation pèse en moyenne 2 kg et est vendu 0,60 euro, tandis qu’un litre de jus d’ananas est vendu 3 euros. La valorisation – transformation des ananas en tranches de fruit frais ou en jus – attire aussi une série d’entreprises de commercialisation auxiliaires. Les paquets de tranches de fruit et le jus sont principalement achetés à des prix de gros par des femmes et des jeunes, qui les revendent ensuite sur les marchés et autres lieux de rassemblement. Godfred, le fils de M. Mukete et le responsable de la plantation, décrit les étapes de la transformation des fruits : les ananas sont d’abord lavés, la couronne de feuilles est coupée pour faciliter le conditionnement, puis les fruits sont placés dans des cageots avant d’être exportés dans le reste du Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad, sous la marque “Ananas du Cameroun”. Pour l’heure, seule 20% de la production est exportée mais, avec une demande et une capacité de production en hausse, l’entreprise espère doubler ses exportations dans un futur proche.

La croissance de Mukete Estates a généré des opportunités d’emploi pour les jeunes. Par exemple, certains ont installé des échoppes le long de la route pour revendre les ananas et le jus de fruit achetés à l’exploitation, sept jours par semaine, pour un bénéfice moyen de 2 500 CFA (3,4 €) par jour. “Ce commerce me fournit suffisamment de revenus pour vivre”, dit Justice Ngwe, qui vend des tranches d’ananas à Kumba.

Par ailleurs, l’entreprise forme également chaque année plus de 200 jeunes à la culture des ananas – de la plantation à la vente, en passant par la récolte et l’entretien.

“Impliquer les jeunes dans l’agrobusiness constitue un moyen sûr de créer des emplois et d’éliminer l’insécurité alimentaire et la pauvreté au Cameroun, et plus globalement en Afrique”, explique Louis Magloire Mbarga Atangana, ministre camerounais du Commerce. “La plantation d’ananas de Mukete Estates montre l’exemple à d’autres investisseurs.” Le gouvernement a aussi annoncé qu’il prévoyait de construire une route de 15 km pour relier l’exploitation et améliorer le transport des marchandises jusqu’aux marchés.

L’entreprise entend poursuivre sur sa lancée pour atteindre 16 000 tonnes d’ananas en 2018 et 26 000 tonnes en 2020. Godfred Mukete est ambitieux : “Au cours des trois prochaines années, nous espérons devenir l’un des principaux fournisseurs d’ananas d’Afrique centrale.”

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