Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.

Un changement de perspective

Opinion

 

Alors que la population mondiale devrait atteindre les 9 milliards en 2050, et que la superficie de terres arables disponibles restera approximativement la même, nul doute que la productivité agricole devra être améliorée, en particulier celle des petits producteurs. Les données ont toujours été utilisées pour accroître les informations et les connaissances sur l’agriculture.

Toutefois, à l’heure actuelle, les données agricoles peuvent provenir de différentes sources. Ainsi, les données en matière de télédétection ne proviennent plus exclusivement de satellites mais sont de plus en plus fournies par des drones, des stations météorologiques et des capteurs installés sur le terrain. Les données relatives aux aspects sociaux et transactionnels de l’agriculture sont générées sous forme de mégadonnées (« big data »), via des ordinateurs, des téléphones portables et des GPS. Par conséquent, on préfère parler d’agriculture « axée sur les données » plutôt que d’«agriculture basée sur la connaissance » pour refléter la vitesse à laquelle nous sommes aujourd’hui en mesure de traiter les données et les volumes de données issues de différentes sources qui peuvent être intégrés dans les processus décisionnels en matière d’agriculture. 

Les acteurs agricoles se sont rendu compte que des données agricoles et nutritionnelles pertinentes, accessibles et utilisables pouvait aider les responsables politiques, les agriculteurs et le secteur privé à coopérer en vue d’une agriculture plus durable. Ce constat a débouché, dès 2013, au lancement de l’initiative « données ouvertes mondiales pour l’agriculture et la nutrition » (Global Open Data for Agriculture and Nutrition, GODAN). Si cette plateforme défend les données ouvertes, elle répond aux préoccupations des acteurs quant à l’accès à leurs données ou à des données auxquelles ils peuvent être reliés. Le CTA a ainsi rejoint le débat sur la mise en place d’un cadre réglementaire approprié sur les normes, la qualité et le partage des données en vue d’apporter un soutien efficace aux petits producteurs dans le cadre de cette initiative.

Mais les producteurs eux-mêmes devront-ils un jour gérer des megadonnées ? Pas nécessairement, si nous mettons aussi au point les outils qui utilisent ces données pour générer les informations dont les agriculteurs ont besoin. La gamme de services associés à l’agriculture axée sur les données inclut l’accès à des outils de paiement et d’épargne plus efficaces et moins couteux grâce aux services financiers mobiles, la communication de prévisions météorologiques aux différents acteurs de la chaîne de valeur et la diffusion en temps réel d’informations sur les prix aux petits producteurs. Ces services, associés à l’analyse de données, peuvent être exploités pour rendre l’agriculture plus précise, plus productive, plus résiliente et plus rentable.

L’amélioration de la productivité des petits exploitants exige que toutes les données et informations partagées viennent compléter leur connaissance de l’environnement local et débouchent sur de nouveaux comportements. Toutefois, dans le contexte de chocs climatiques et d’environnement en mutation, les producteurs devront prendre des décisions éclairées par leur jugement et ils devront parfois partager les leçons de leurs expériences. Dans certains cas, ils deviendront sources de données pour cette agriculture axée sur les données issues de connaissances locales !

Le numéro de février 2017 du magazine ICT Update publié par le CTA porte sur les données ouvertes pour l’agriculture et la nutrition. Autre initiative à suivre, l’appel à candidature international pour le Prix de l’agriculture axée sur les données (data-driven farming prize), en quête de projets innovants sur l’utilisation des données ouvertes pour répondre aux besoins du secteur agricole au Népal.