Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.

Quatre solutions de gestion des ressources pour des agriculteurs climato-intelligents

Opinion

 

Le paysage des Caraïbes est truffé de petites exploitations agricoles qui sont en première ligne dans la lutte contre le changement climatique. Toutefois, face aux trois défis principaux du changement climatique – son caractère inédit, son imprévisibilité et l’urgence d’actions –, la question suivante se pose aux agriculteurs : est-il possible de renforcer leur résilience au changement climatique sans pour autant contribuer à faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde ?

Les petits agriculteurs de la région travaillent et vivent grâce à des cultures mixtes, qui apportent aux exploitants et à leur famille des revenus réguliers tout au long de l’année. Il faut cependant savoir que la plupart de ces exploitations comptent moins de 5 hectares et s’étendent sur des terrains pentus enclins à l’érosion. Plus que jamais, le changement climatique affecte la vie et les moyens de subsistance de ces familles d’agriculteurs qui s’efforcent de maintenir un certain niveau de revenu.

Devenu imprévisible, le climat se traduit par des régimes météorologiques variables qui, dans certains cas, entraînent des modifications dans les saisons de culture (plus courtes ou prolongées). Pour faire face à cette variabilité climatique, les fermiers doivent trouver de nouvelles façons de pratiquer l’agriculture et adapter leurs systèmes de production. Il est donc urgent de repenser la “démodernisation”des systèmes agricoles à petite échelle afin d’aider les agriculteurs à évoluer vers un renforcement de leur résilience au changement climatique.

Les ressources utilisées par les agriculteurs pour produire des aliments sont la terre (le sol), l’eau (emmagasinée ou pluviale) et le travail (manuel ou mécanique). Ils seront à même d’augmenter l’efficacité de leur production s’ils assurent une gestion et une utilisation intelligentes de ces ressources dans le cadre d’un climat changeant, ce qui leur permettra de renforcer leur résilience sans entraîner un accroissement des émissions de GES. Les agriculteurs doivent devenir climato-intelligents et s’assurer que leurs activités résistent au changement climatique.

Néanmoins, je m’empresse d’ajouter cette mise en garde : il n’existe pas de solution miracle pour remédier aux effets du changement climatique, en particulier ceux qui sont causés par un phénomène à évolution lente. Pour devenir climato-intelligents, les agriculteurs doivent adopter une approche globale et systématique de la gestion des ressources agricoles. À cet effet, ils doivent aussi comprendre la nature des ressources qui sont à leur disposition.

J’ai quatre recommandations à soumettre aux agriculteurs désireux de mieux gérer les ressources disponibles :

  • Les sols constituent l’un des principaux puits de carbone. Dans les petites exploitations, réduire la perturbation des sols en remplaçant le désherbage mécanique par le désherbage manuel peut être une solution gagnant-gagnant parce que cela permet d’augmenter le stockage de carbone et que la séquestration de gaz à effet de serre permet d’obtenir des plantes plus saines et des rendements accrus. Toutefois, cette solution pouvant demander beaucoup de travail, elle exige l’adoption de pratiques innovantes, comme l’application de paillis pour lutter contre les mauvaises herbes et conserver l’humidité du sol.
  • La récupération et la conservation de l’eau devraient devenir des priorités. Les agriculteurs devraient capter et utiliser chaque goutte d’eau au moyen d’un système d’écoulement par gravité, qui rend superflu le pompage d’eau et réduit la consommation de carburant nécessaire au fonctionnement des pompes.
  • Les arbres fruitiers sont aussi des puits de carbone efficaces. Les agriculteurs devraient en planter davantage afin de fournir de l’eau, des aliments et de l’ombre lors des périodes de chaleur extrême, qui augmentent avec le changement climatique.
  • Les cultures peuvent être des sources d’aliments et de combustible. Les agriculteurs devraient commencer à envisager sérieusement de passer à des cultures produisant à la fois du combustible et des aliments. Pour remplacer la canne à sucre, ils devraient examiner les variétés de canne qui fournissent de l’énergie et du sucre. Ce type de culture aide à réduire la consommation des combustibles fossiles nécessaires à la production d’énergie.

Pour mener des activités intelligentes face au climat, les agriculteurs d’aujourd’hui doivent admettre que le changement climatique est un défi actuel indéniable qu’ils doivent relever. Ils doivent devenir des innovateurs prêts à expérimenter pour renforcer leur résilience et réduire les émissions de gaz à effet de serre.