Des technologies prometteuses pour améliorer les rendements en Afrique

Opinion

 
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La FAO a édité un rapport majeur, intitulé Comment nourrir le monde en 2050, qui prédit que la population humaine atteindra 9,1 milliards d’habitants d’ici à 2050. Pour nourrir toutes ces bouches, la production alimentaire mondiale devra progresser de 70 %, contre 10 % actuellement. En Afrique, où la population devrait atteindre environ 2 milliards d’habitants d'ici à 2050, la productivité agricole doit augmenter plus rapidement que la moyenne mondiale. Dans le cas contraire, la pauvreté et la famine de masse devraient générer des crises majeures au sein des communautés africaines.

Cette transformation en vue d’améliorer les rendements agricoles devrait de surcroît avoir lieu dans un contexte de changements climatiques extrêmes, qui bouleversent dès à présent les pratiques agricoles, dégradent la productivité et provoquent des souffrances humaines. Au Nigeria, par exemple, les bergers fulanis sont confrontés à la perte de leurs pâturages dans la savane du nord du pays et déplacent leurs troupeaux vers le sud, ce qui entraîne des conflits avec les agriculteurs qui y sont déjà installés et de la violence. En Somalie, le fleuve Shebelle, dont dépendent bon nombre d’agriculteurs, s’assèche, accentuant les difficultés d’un pays dévasté par la guerre. En s’asséchant, le lac Tchad a lui aussi perdu son énergie et sa vigueur et n’est plus le point d’ancrage de nombreux citoyens.

La croissance de la population africaine et la baisse de la productivité agricole due à l’évolution du climat, des périodes de jachère raccourcies et une migration vers les villes sans précédent compromettent la possibilité de nourrir des milliards de personnes. Les sols sont surexploités par les cultures et les terres sont surpâturées par l’élevage, ce qui entrave la durabilité de la production rurale dans la plupart des communautés africaines.

De plus, alors que la plupart des nations avancées emploient moins de 5 % de la population active dans l’agriculture et continuent à produire pour l’exportation, le secteur agricole emploie environ 65 % de la population active en Afrique, tout en étant incapable de produire assez pour nourrir sa population. Moins de 1 % du produit intérieur brut (PIB) américain provient de l’agriculture. En Afrique, en revanche, l’agriculture représente 30 % du PIB. En résumé, l’avenir de l’Afrique demeure lié à son agriculture, secteur majeur dans la plupart des économies africaines.

Des perspectives technologiques

Toutefois, face à ces défis, l’Afrique pourrait tirer profit des technologies de l’information et de la communication (TIC). Les TIC facilitent le processus de développement socio-économique africain en ouvrant notamment de nouvelles voies bon marché et efficaces d’échange d'informations et de transactions commerciales. De plus en plus, les TIC font rapidement avancer certains pays africains, comme le Rwanda et le Kenya, vers des structures économiques axées sur la connaissance et des sociétés informées, grâce à des réseaux électroniques de particuliers, d’entreprises et d’États au sein de relations mondiales interdépendantes.

Pour peu qu'il soit exploité efficacement, le succès remarquable des TIC ouvre de vraies opportunités pour l’agriculture sur le continent. En effet, le secteur agricole africain peut être transformé et les technologies peuvent améliorer sa productivité et son efficacité en facilitant des approches raisonnées, telles que l’agriculture de précision. Par exemple, un apport plus précis d’engrais contribuera à réduire le gaspillage d'intrants et à améliorer les rendements.

L’Afrique doit répondre au défi de faire face aux changements climatiques spécifiques à la région, afin de régénérer ses sols, disposer d’intrants adaptés à la culture et à l’alimentation de sa population. Les sols actuellement appauvris constituent autant d’opportunités de mettre au point des solutions pour les entreprises technologiques. Un ordinateur quantique alimenté par l'intelligence artificielle la plus moderne pourrait identifier les solutions pour que l’Afrique alimente efficacement non seulement ses citoyens, mais également le monde entier, dans la mesure où le continent dispose de la surface la plus vaste de terres arables non cultivées.

C’est dans cette optique que j’ai créé Zenvus afin que nous puissions concevoir des solutions d’avenir alliant électronique, science des données et données elles-mêmes, en vue de garantir la sécurité alimentaire en Afrique. Zenvus est une solution intelligente à la disposition des exploitations agricoles. Elle utilise des capteurs électroniques propriétaires collectant des données sur les sols, telles que l’humidité, les températures, les nutriments, le pH. Elle envoie ensuite ces données à un serveur dans le cloud par GSM, satellite ou Wi-Fi. Les algorithmes du serveur analysent les données et conseillent en retour les agriculteurs sur les meilleures pratiques agricoles. À mesure de l’avancée des cultures, le système déploie des caméras dédiées pour suivre la santé des végétaux qui détectent les stress subis par les cultures, qu’ils soient liés au manque d’eau, aux nuisibles ou aux maladies. Notre système peut informer les agriculteurs sur les cultures à pratiquer, les moyens à mettre en œuvre et le moment opportun pour semer en associant l’état des sols aux phases de croissance culturale. Cette architecture en circuit fermé informe les agriculteurs sur l’apport potentiel d’engrais, l’irrigation, etc., afin d'optimiser les rendements.