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Pacifique : Bio à l’horizon

Commerce et marketing

© IFAD/Susan Beccio

Un nouveau système de certification participatif facilite l'accès des producteurs et transformateurs du Pacifique aux marchés du bio. Alors qu’ils sont d’ores et déjà exportés en grande partie dans la sous-région, les produits biologiques des îles du Pacifique certifiés localement et de façon participative ont vocation à trouver de nouveaux débouchés, notamment dans l’industrie touristique.

La production biologique dans les îles du Pacifique a le vent en poupe. Depuis 2010, les surfaces agricoles certifiées en bio ont été multipliées par quatre (72 000 ha en 2016). Et la tendance devrait se poursuivre. “Le marché du bio reste largement inexploité dans le Pacifique. À nous de nous organiser pour l'approvisionner”, se réjouit Stephen Hazelman, responsable de la Communauté océanienne pour l'agriculture biologique et le commerce équitable (POETCom). Son organisation, qui réunit des membres dans 17 pays insulaires du Pacifique, accompagne le développement de la filière depuis 2009.

Une grande partie des produits bio de la région est exportée vers les marchés australiens et néo-zélandais, mais aussi vers le Japon et l'Union européenne. Les acteurs historiques du bio sont les premiers à profiter du boom du bio sur ces marchés. Parmi eux, Women in Business Development Inc (WIBDI), basée au Samoa depuis 1991. Entre 2012 et 2013, l'entreprise a doublé sa production d'huile vierge de coco. Pour labelliser ses produits, WIBDI utilise le certificateur australien NASAA. Le contrôle par des organismes tiers extérieurs a longtemps été le seul moyen pour les petites îles du Pacifique de faire reconnaître une production en bio. Mais le coût élevé (environ 2 000 euros pour un producteur) réserve ce marché aux entreprises les plus lucratives. “De nombreux produits du Pacifique ne peuvent accéder aux marchés que s’ils sont certifiés bio, ce qui peut sembler assez paradoxal… car l’agriculture traditionnelle du Pacifique est très proche de l’agriculture biologique. Or obtenir une certification est très coûteux. Ceux qui parviennent à obtenir une certification, cependant, profitent d’un accès unique pour leurs produits”, témoigne Kyle Stice, directeur du Réseau des organisations de producteurs des îles du Pacifique (PIFON).

Vers une certification plus accessible

Aujourd'hui, les choses bougent. La création d'une norme océanienne d'agriculture biologique (NOAB) élargit progressivement l'assise du bio. Conduit par la POETCom à partir de 2008, ce travail original a adapté les règles du bio au contexte local. La NOAB a notamment permis de lever des problèmes techniques, comme par exemple comment faire fonctionner le système lorsqu'il n’y a pas de semences bio sur place. Cette norme et sa marque, “Organic Pasifika”, ont ouvert la place à une certification alternative : le Système participatif de garantie biologique (SPG). Ce système – qui existe ailleurs dans le monde – repose sur un contrôle par les agriculteurs eux-mêmes. Selon Hélène Moquet, de Bio Calédonia, un pionnier des SPG dans le Pacifique, il est cent fois moins cher pour les producteurs que la certification classique (environ 20 euros).

Producteurs et transformateurs se saisissent ainsi des SPG pour se faire une place sur le marché du bio. Six SPG ont reçu l’agrément de POETCom pour utiliser la marque Organic Pasifika, qui vérifie leur conformité avec la NOAB. Environ six sont en cours de développement, y compris un SPG au Vanuatu – mis en œuvre par l’association Farm Support – et ont établi des entreprises locales, comme Tanna Coffee, qui regroupe 700 petits producteurs de café.

Sans surprise, un important débouché local est le tourisme. Aux Fidji, les produits bio locaux se multiplient dans les hôtels, les aéroports et les magasins spécialisés. Pour promouvoir ces nouveaux débouchés, POETCom a défini une norme locale du tourisme biologique. qui permet aux structures d’hébergement d’être entièrement certifiées bio, ou d’avoir un restaurant, ou un menu spécifique certifié bio, et de pouvoir communiquer sur cette certification.

Un enjeu politique

L'élan pour le bio trouve un écho auprès des dirigeants politiques. La région paie cher sa dépendance alimentaire à des produits de mauvaise qualité. Face aux épidémies d'obésité et de diabète, l’approvisionnement en produits frais et sains devient une priorité sanitaire. L'agriculture biologique répond aussi aux positions environnementalistes des États insulaires du Pacifique lors des négociations climat. Mais si le bio est présent dans les discours, les mesures institutionnelles de soutien suivent-elles ? Lentement, selon Stephen Hazelman. La POETCom vient de mettre en place “Policy tool kit” pour les aider à passer à l'acte.

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