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En Tanzanie, le bon filon des snacks à base de patate douce

Commerce et marketing

À travers son entreprise Better Markets for Crops Products Limited, Zena Mshana propose des en-cas sains à la population locale et offre des opportunités de revenus aux femmes et aux jeunes.

© BMC

Transformation

Une entreprise de transformation agricole produit des aliments nutritifs à base de patate douce et offre ainsi un marché direct aux agriculteurs – principalement des jeunes et des femmes – de la région.

À Tengeru, dans le nord de la Tanzanie, 12 groupes d’agriculteurs collaborent avec une entreprise de transformation de la patate douce en vue d’augmenter leurs revenus et d’améliorer la quantité de produits nutritifs pour les enfants et les adultes. Better Markets for Crops Products Limited (BMC) distribue aux petits producteurs jusqu’à 120 000 plants de patate douce à chair orange (PDCO) et, une fois les tubercules formés, l’entreprise les leur rachète entre 200 et 300 shillings tanzaniens par kilo (0,07-0,12 €). Les tubercules sont ensuite transformés en farine, en boulettes de purée (pour nouilles ou pâtes à base de patate douce), en mélange d’épices “mchuzi mix” et en chips de patate douce.

À travers son entreprise Better Markets for Crops Products Limited, Zena Mshana propose des en-cas sains à la population locale et offre des opportunités de revenus aux femmes et aux jeunes.

À travers son entreprise Better Markets for Crops Products Limited, Zena Mshana propose des en-cas sains à la population locale et offre des opportunités de revenus aux femmes et aux jeunes.

© BMC

Fondée en 2016 par Zena Mshana, BMC travaille surtout avec des femmes et des jeunes. “J’avais l’ambition d’améliorer la nutrition en promouvant la consommation de produits biofortifiés en Tanzanie, où l’on observe de nombreux cas de retard de croissance parmi la population, en raison des carences en vitamine A”, explique l’entrepreneuse, qui a suivi la formation du Centre international de la pomme de terre sur la sécurité et la qualité alimentaires dans la transformation à petite échelle en 2017.

En plus d’augmenter leurs revenus, les petits exploitants qui travaillent avec BMC apprennent de bonnes pratiques post-récolte – comme le stockage des tubercules dans des boîtes en bois jusqu’à 3 mois pour éviter qu’ils ne se gâtent – et des recettes pour adultes et bébés à base de PDCO.

Depuis 2018, Irene Robert Lukumai fournit ainsi entre 100 et 700 kilos de tubercules à l’entreprise chaque mois, en fonction de son niveau de production. Le fait de disposer d’un marché direct pour ses PDCO lui a permis d’augmenter ses revenus de 50 %. “Ils m’ont aussi appris à m’occuper des plants de patate douce et à augmenter mes capacités de récolte.”

BMC a acheté 20 tonnes de patates douces à son réseau d’agriculteurs en 2016, puis 70 tonnes en 2018. Entre janvier et avril 2019, ils ont en acheté 45 tonnes et, chaque mois, ils transforment en moyenne 8 à 10 tonnes de tubercules. La vente des produits transformés rapporte 10 à 17 millions de shillings tanzaniens (3 830-6 525 €) par mois à l’entreprise. Environ 50 % des produits de BMC sont vendus aux supermarchés, 30 % aux écoles et 20 % aux hôpitaux. L’entreprise emploie actuellement 14 personnes à temps plein (des femmes et des jeunes), chargées de la transformation, du conditionnement et de la distribution des produits, et 5 à 10 personnes à temps partiel, responsables de la commercialisation des marchandises.

D’ici 2021, Zena Mshana veut vendre ses produits à base de PDCO dans cinq nouvelles régions de Tanzanie et approvisionner 100 écoles et 10 hôpitaux. L’entreprise voudrait aussi se lancer sur les marchés kényan, rwandais et ougandais d’ici 2025. “Quand on constate que la santé des personnes qui consomment nos produits à base de PDCO s’améliore, cela nous encourage à poursuivre nos efforts”, se réjouit l’entrepreneuse. “La patience et le travail payent.”     

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