Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.

Les femmes en quête de leadership

Dossier

 

Le point de vue de Dr Wanjiru Kamau-Rutenberg

Le Dr Wanjiru Kamau-Rutenberg est la directrice d’AWARD. Elle est la fondatrice et ex-directrice d’Akili Dada, une pépinière de dirigeantes qui investit dans le potentiel de jeunes femmes africaines issues de milieux défavorisés.

Vous venez de prendre la direction d’AWARD, un programme de développement professionnel qui renforce les compétences des femmes agronomes africaines en matière de recherche et de capacité à diriger. Pourquoi un programme comme AWARD est-il nécessaire ?

Si l’Afrique doit nourrir 2,4 milliards de personnes d’ici 2050, elle doit augmenter sa production alimentaire de 260 %. Pour y parvenir, elle doit pouvoir s’appuyer sans attendre sur les résultats des recherches des agronomes. Bien qu’en Afrique la production, la transformation et la commercialisation de la plus grande part des aliments soient assurées par les femmes, seul un chercheur sur quatre est une femme. Et, dans les institutions africaines de recherche agricole, seul un poste de direction sur sept est occupé par une femme. AWARD contribue à réduire cet écart.

Comment les femmes peuvent-elles contribuer à améliorer la production alimentaire ? En quoi leur approche diffère-t-elle de celle des hommes ?

Les femmes jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire des foyers, la diversité de l’alimentation et la santé infantile. Les femmes agronomes sont bien placées pour comprendre les besoins des agriculteurs. Elles connaissent la dynamique en jeu et les obstacles que rencontrent les agriculteurs dans leurs efforts pour assurer la sécurité alimentaire et économique de leurs foyers, et elles sont souvent mieux informées des technologies que les agricultrices adopteront facilement.

Voudriez-vous partager avec nous deux ou trois bons exemples de recherches agricoles entreprises par des femmes agronomes soutenues par AWARD ?

Il y en a beaucoup. Je pense à Flower Ezekiel Msuya de l’université de Dar-es-Salaam. Elle aide les productrices d’algues à transformer leur récolte en produits à forte valeur ajoutée tels que des savons, des cosmétiques et même de la confiture, ce qui leur permet d’augmenter leurs revenus. Dorcas Olubunmi Ibitoye de l’Institut national de recherche horticole du Nigeria axe ses travaux sur la mise au point de méthodes efficaces et abordables de criblage permettant de repérer les caractères de résistance à la sécheresse du niébé. Et Mary Obadai du Conseil pour la recherche scientifique et industrielle du Ghana mène des recherches remarquables sur l’utilisation des déchets agricoles pour le substrat de champignons. Elle a formé plus de 3 000 agriculteurs, essentiellement des femmes, à la production de champignons.