Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.

Intégrer les groupements paysans dans les marchés structurés

Dossier

 

Point de vue de Kristen Schach Moller

Kristen Schach Moller décrit les progrès réalisés par les organisations de producteurs grâce à l’aide de la Bourse des produits agricoles et explique les difficultés qui restent à surmonter.

La transition des groupements paysans vers des organisations répondant aux besoins des consommateurs constitue un vrai défi. Que fait la Bourse des produits agricoles (BPA) pour faciliter ce processus ?

La BPA estime qu’il est possible d’intégrer les groupements paysans dans les marchés structurés en les aidant à acquérir et gérer des installations de stockage dans les zones rurales. Lorsqu’une organisation de producteurs (OP) dispose de capacités de stockage, manutention et regroupement, cela facilite l’accès aux financements et aux marchés structurés. Le modèle de développement d’infrastructures rurales de stockage de la BPA est conçu à cet effet. Il vise à créer des entrepôts gérés professionnellement et utilisés à bon escient. C’est un modèle durable sur le plan économique puisque les OP peuvent percevoir une rémunération pour les services de regroupement et de stockage proposés.

Le financement est une difficulté majeure pour les coopératives. Comment ce problème est-il abordé au Malawi ?

Le système des récépissés d’entrepôt de la BPA permet de débloquer des financements en utilisant les produits agricoles comme garantie. Un entrepôt certifié par la BPA étant reconnu pour sa qualité et le respect de normes élevées de gestion des garanties, les banques ont confiance dans la gestion des stocks et acceptent de proposer des financements aux producteurs en échange de la garantie des produits qu’ils ont déposés.

Au Malawi, les financements de ce type auxquels les coopératives peuvent accéder sont assez limités et la BPA s’emploie à développer des modalités permettant d’augmenter les montants des financements disponibles. Les financements sont indubitablement indispensables au développement des économies rurales, parce qu’ils donnent aux coopératives le choix de vendre immédiatement ou d’attendre les variations saisonnières des prix des marchés.

Le Sommet des dirigeants de coopératives de 2016 s’est conclu par plusieurs recommandations pour l’amélioration des coopératives. Dans quelle mesure les décideurs leur ont-ils donné suite ?

Les principales recommandations de ce sommet portaient sur la création de banques coopératives et le développement de formations sur la gestion coopérative. La BPA est convaincue que ces points ont été pris en considération par le ministère malawien de l’Industrie et du Commerce.

Que peuvent encore faire les organisations public-privé pour appuyer l’évolution des OP axées sur l’agrobusiness ?

Il est crucial de mettre en place des structures durables pour soutenir l’évolution des coopératives ; sans environnement favorable, elles auront du mal à se développer. Bien sûr, les bourses de produits agricoles et les systèmes de récépissés d’entrepôt sont de bons exemples de ce type d’institutions, mais il en existe beaucoup d’autres qu’il faudrait développer.

Voyez-vous au Malawi une OP qui pourrait constituer un bon modèle pour les autres et pourquoi ?

Nous avons visité la Mwandama Cooperative Union à Zomba, créée dans le cadre des projets des défis du millénaire de l’ONU. Elle dispose d’un vaste entrepôt bien géré qui soutient plusieurs activités communautaires, dont le système de récépissés d’entrepôt. Au fil des années, elle a obtenu plusieurs contrats pour fournir du maïs et des légumineuses au Programme alimentaire mondial. Il semble que la structure et la gestion de la coopérative soient les moteurs de cette réussite.