Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.

Des financements accessibles à tous

Dossier : Agrofinance

 

Le point de vue de Esther Muiruri

Entretien avec Esther Muiruri, directrice générale de l’agro-industrie à Equity Bank, au Kenya. Equity Bank entend transformer la vie des populations, en proposant des services financiers modernes et accessibles à tous.

Equity Bank a eu d’excellents résultats dans le financement agricole en appui aux petits exploitants. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de banques sur ce créneau ?

Le financement de l’agriculture comporte des difficultés et des risques. Mais au lieu de craindre les risques, nous devons envisager les opportunités, nous efforcer d’atténuer les risques et étudier les interventions susceptibles d’aider les petits exploitants agricoles. Le fait que certaines organisations ne travaillent pas de cette manière est lié à leur perception des risques.

Comment les banquiers peuvent-ils mieux comprendre les agriculteurs pour offrir un financement efficace ?

Les banques doivent établir avec les agriculteurs une relation qui leur permet de les comprendre, et ceux-ci doivent aussi apprendre à connaître les banques. Vous avez alors une situation gagnant-gagnant qui permet de trouver des solutions acceptables pour les deux parties. En outre, nous devrions intégrer d’autres partenaires intervenant auprès des agriculteurs, qui peuvent travailler ensemble et soutenir à la fois les agriculteurs et les financiers. Le travail en partenariat est en lui-même une mesure d’atténuation des risques. Nous formons aussi nos financiers en gestion des relations avec la clientèle afin qu’ils ne se rendent pas sur les exploitations simplement pour parler finances mais qu’ils puissent aussi offrir certains services de vulgarisation.

Les agriculteurs constatent alors que nous sommes sur la même longueur d’ondes et comprenons leur situation. Quel conseil donneriez-vous à d’autres banques développant des outils financiers ?

Il faut que tout nouvel outil soit bien compris par les agriculteurs. Vous pouvez développer un très bon produit d’assurance, mais si les agriculteurs ne comprennent pas le concept de l’assurance, ils auront du mal à adopter le produit. Chaque outil doit donc être accompagné par une communication réellement efficace. Notre approche a toujours consisté à démarrer avec une formation pour expliquer, informer et sensibiliser les agriculteurs de manière à ce que lorsqu’ils adoptent un produit, ils sachent à quoi s’attendre et qu’il n’y ait pas de surprises.