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Le réchauffement, poison agricole

Agriculture intelligente

Mycotoxines

Le changement climatique ne menace pas que les rendements agricoles. Un climat plus chaud pourrait également augmenter la toxicité des fruits et légumes. Il est urgent de mieux surveiller la contamination des aliments, mais les financements manquent.

Lors de son assemblée annuelle de Nairobi en mai dernier, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a attiré l’attention de la communauté internationale sur les dangers potentiels de la toxicité des produits agricoles. Dans un rapport intitulé Frontiers, le PNUE y voit une importante menace environnementale, au même titre que la pollution par le plastique, et les maladies émergentes.

Parmi les principaux agents toxiques, sont évoquées les mycotoxines, liées à la contamination de plantes par des moisissures. Cette famille de molécules compterait environ 400 membres, dont les plus connus sont les aflatoxines, l’ochratoxine A et les fumonisines, retrouvées notamment sur le maïs, le blé, le sorgho et l’arachide. Selon le PNUE, 4,5 milliards de personnes y seraient exposées dans les pays en développement, via des aliments ne faisant l’objet d’aucun contrôle.

Si ces toxines peuvent, à forte dose, empoisonner le consommateur, elles ont des effets cancérigènes à doses plus faibles mais régulières. En Afrique, 40 % des cancers du foie seraient liés aux aflatoxines : “C’est le fléau n° 1 des pays chauds et humides”, estime Didier Montet, spécialiste de la sécurité sanitaire des aliments au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), qui dit avoir observé sur le terrain des doses de mycotoxines 1 000 fois supérieures aux normes internationales du Codex Alimentarius, un ensemble de normes alimentaires internationales éditées par l’OMS et la FAO, notamment destinées à protéger la santé des consommateurs.

Or le risque de contamination des plantes pourrait s’accroître en raison du réchauffement climatique. Selon Catherine Bessy, experte en sécurité sanitaire des aliments à la FAO, “lorsque la plante est stressée et en mauvaise santé [par exemple en raison d’une canicule ou d’une sécheresse], elle devient plus vulnérable aux invasions fongiques”. Autre possibilité, certaines moisissures envahissent la plante au niveau de blessures infligées par des insectes, qui devraient proliférer avec le réchauffement.

“Le réchauffement climatique doit nous rappeler qu’il faut des systèmes de surveillance des maladies et de la contamination des aliments”, poursuit-elle. Pour surveiller les aliments déjà sur le marché, mais surtout pour agir en amont, notamment en sensibilisant les agriculteurs sur les bonnes pratiques. “Il existe de nombreuses techniques très simples pour réduire ces contaminations, par exemple en séchant bien les graines, en évitant de les entreposer directement sur le sol. Mais de nombreux pays n’ont pas le budget pour la formation des agriculteurs”, regrette Didier Montet.

La toxicité des plantes cultivées pourrait avoir des impacts économiques, sur les exportations et sur l’élevage. Dans son rapport, le PNUE évoque ainsi l’accumulation de nitrates dans certains végétaux soumis à la sécheresse, qui peut empoisonner les ruminants, au risque de ruiner les éleveurs.

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