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"Il faut redoubler d’efforts pour lutter contre l’insécurité alimentaire"

Portrait de leaders

Olawale Rotimi Opeyemi explique le rôle que les jeunes peuvent jouer dans l’agriculture et l’agribussiness en matière d’innovation.

© Emmanuel Maduka

Olawale Rotimi Opeyemi

Olawale Rotimi Opeyemi est le fondateur et PDG de JR Farms, une agroentreprise dont l’objectif est de transformer l’agriculture africaine à travers la création d’emplois dans le secteur et la valorisation des cultures de base du continent.

Reconnu dans le secteur agricole africain, Olawale Rotimi a fondé et cofondé plusieurs partenariats et initiatives sur le continent, en particulier au Nigeria, son pays d’origine. Pour Spore, le PDG de l’agroentreprise JR Farms explique la nécessaire implication des chefs d’entreprise dans les objectifs de développement durable (ODD).

En Afrique, quelles sont les principales opportunités offertes aux jeunes par la numérisation de l’agriculture?

Les technologies recèlent un énorme potentiel pour le secteur agricole. Les jeunes peuvent se servir des réseaux sociaux pour, par exemple, commercialiser leurs produits dans le monde entier. D’autres plateformes, telles que celles compatibles avec l’USSD, permettent d’entrer en contact avec des acheteurs autrement qu’avec un smartphone.

Les drones rendent ainsi l’épandage d’engrais et de pesticides bien plus rapide et moins coûteux.

Les jeunes peuvent donc se servir de la numérisation pour répondre aux enjeux majeurs du secteur agricole, mais ils devraient innover davantage pour créer des solutions plus axées sur les technologies.

Vous collaborez avec l’Organisation mondiale du travail (OIT) pour promouvoir l’emploi des jeunes en Afrique. Comment votre entreprise aide-t-elle les jeunes à trouver un emploi de qualité dans l’agriculture?

L’OIT déploie de nombreux efforts pour créer des emplois décents pour les jeunes. Elle a notamment créé la Rural Development Academy en Égypte, afin de rassembler les parties prenantes, les ministres et le secteur privé du continent africain et de les former à la création d’emplois dans les zones rurales.

Nous collaborons également avec l’entité publique Lagos State Employment Trust Fund dans le domaine du renforcement des capacités et de la création d’emplois. À travers ce partenariat, qui a permis d’ajouter l’agriculture aux domaines d’action du gouvernement nigérian en faveur de l’autonomisation des jeunes, JR Farms offre une formation sur la production agricole et des opportunités d’emploi dans notre entreprise ou les organisations affiliées.

Vous travaillez avec le gouvernement rwandais pour améliorer les moyens de subsistance des producteurs de café. En quoi ce partenariat public-privé a-t-il rendu votre action plus efficace ?

Le gouvernement rwandais nous fait bénéficier d’une plateforme sur laquelle nous pouvons travailler avec plus de 4 000 caféiculteurs pour torréfier, conditionner et exporter nos produits du Rwanda vers la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Japon, le Nigeria et les États-Unis, entre autres. Nous sommes la première entreprise africaine à avoir développé ce genre de partenariat avec le gouvernement rwandais et avons ainsi réalisé l’une des plus grandes avancées pour le secteur – ce qui nous permet d’avoir une incidence sur les moyens de subsistance des agriculteurs à travers la promotion de produits africains.

Quelles sont les actions menées par JR Farms pour atteindre les ODD et promouvoir des systèmes alimentaires durables?

Au fil des ans, nous nous sommes engagés en faveur des ODD liés à la sécurité alimentaire, la “faim zéro” et la création d’emplois décents pour les jeunes sur tout le continent. Le programme Inmates Farming Schemes with Nigeria Prisons, que nous avons développé pour former les détenus aux pratiques agricoles, est l’une des initiatives qui illustre notre engagement. Ce programme permet aux détenus d’acquérir de nouvelles compétences et de manger des repas sains préparés à partir des aliments qu’ils produisent.

En outre, nous produisons au moins 35 tonnes de manioc par mois pour le marché local. Nous soutenons les agriculteurs en achetant leurs produits à de très bons prix, tout en employant des jeunes pour transformer les récoltes en gari. Nous avons développé une initiative similaire au Rwanda, ainsi qu’en Côte d’Ivoire avec du cacao. Nous contribuons donc à la résolution de problèmes tels que les difficultés d’accès aux marchés, les pertes post-récolte et les mauvaises conditions de vie des agriculteurs.

Pourquoi est-il important que les chefs d’entreprise redoublent d’efforts pour relever des défis majeurs comme le changement climatique et l’insécurité alimentaire?

J’ai commencé à constater la réalité du changement climatique en 2018, lorsque les pluies se sont arrêtées très tôt au Nigeria. Les précipitations qui sont ensuite tombées étaient imprévisibles et insuffisantes pour assurer la croissance des cultures. L’alimentation, c’est la vie. Nous devons donc impérativement redoubler d’efforts pour lutter contre l’insécurité alimentaire, en particulier en Afrique, où tant de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour et ne peuvent se permettre de perdre leurs récoltes.

En tant que chefs d’entreprise, nous sommes en mesure de rassembler les gens pour faire pression sur le gouvernement et influencer les politiques, afin de faciliter l’accès à des denrées alimentaires à des prix abordables et de promouvoir plus de mesures d’atténuation du changement climatique sur le continent.

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