"L'irrigation à grande échelle présente de nombreux avantages"

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Entretien avec Karim El Aynaoui

Directeur général du Policy Center for New South (PCNS) et membre du Panel Malabo Montpellier (MaMo), Karim El Aynaoui explique comment l’Afrique peut tirer profit de politiques et de programmes d’irrigation efficaces.

Le rapport du Panel MaMo ­intitulé Water-Wise : Smart Irrigation Strategies for Africa recommande aux responsables politiques africains de faire de l'irrigation une priorité absolue. Pourquoi ?

Pour stimuler l’agriculture africaine, le secteur privé et les gouvernements doivent agir sur une série de facteurs clés. La priorité doit être donnée à l’irrigation afin d’intensifier la croissance agricole, en faisant de l’agriculture un secteur inclusif et durable. Actuellement, seulement 6 % des terres cultivées sont irriguées sur le continent africain. En Asie, 37 % des terres cultivées sont équipées pour l'irrigation.

Des précipitations irrégulières et insuffisantes, des périodes de sécheresse prolongées et l’impact négatif du changement climatique sont d’autres défis à relever, en particulier pour répondre à une demande alimentaire qui ne cesse d’augmenter. Des politiques d'irrigation efficaces et à faible coût, qui tiennent compte du fait que les ressources en eau sont de plus en plus rares – alors que la demande augmente –, sont donc nécessaires pour réussir la transformation structurelle des économies africaines.

Quels sont les enseignements clés à tirer des études de cas présentées dans le rapport ?

Le rapport présente plusieurs pays d'Afrique qui ont réalisé d’importantes avancées dans la mise en œuvre de stratégies d'irrigation efficaces, la construction d'infrastructures à grande échelle et la mise en place de cadres institutionnels innovants. Le partage de ces expériences avec d'autres pays du continent encouragera le développement de nouvelles stratégies d'irrigation adaptées aux problèmes locaux. Le Maroc et le Mali, par exemple, ont investi dans le développement d’infrastructures d'irrigation visant à mobiliser des ressources en eau pour l'agriculture. L’irrigation s’y est développée plus rapidement que dans les autres pays du continent.

Une initiative différente, mais tout aussi efficace, est en cours en Éthiopie, où le gouvernement a encouragé les systèmes d'irrigation à petite et moyenne échelle et lancé un programme de développement de l'irrigation qui vise à assurer l’autosuffisance alimentaire en améliorant l’efficacité de la gestion des ressources en eau. Le gouvernement envisage la construction de micro-barrages pour capter l’eau des rivières et encourage l’exploitation de puits peu profonds à l’aide de pompes manuelles. De nombreuses initiatives peuvent désormais aider les pays africains à mettre en place des politiques d’irrigation appropriées, mais il faut s’assurer de bien connaître le contexte local.

Quels sont les avantages et les limites des initiatives d’irrigation à grande échelle financées par le gouvernement ?

Chaque initiative de gestion de l'irrigation a ses avantages et ses limites, qu’elle soit financée par le secteur public ou privé. Le choix – projet d’irrigation à grande échelle ou irrigation à petite échelle – dépend de caractéristiques techniques et financières, telles que les ressources en eau existantes, la superficie des terres irriguées par des barrages, la possibilité de fournir de l'eau aux agriculteurs et le coût des projets. Pour autant qu’elle soit techniquement faisable, l’irrigation à grande échelle présente de nombreux avantages. En remédiant à la variabilité des précipitations dans l'espace et dans le temps, ces systèmes d'irrigation améliorent les rendements et stabilisent la production agricole, au bénéfice d’un grand nombre d’agriculteurs d’une même région. La production agricole, ainsi que le prix des denrées alimentaires, sont donc stabilisés au niveau national.

Toutefois, l’irrigation à grande échelle peut avoir un impact négatif sur l’environnement, en augmentant l'alcalinité ou la salinité des sols et des eaux souterraines, par exemple. Elle peut aussi encourager la monoculture et freiner ainsi la volonté d’innovation des agriculteurs. Pour éviter ces écueils, il faut veiller à associer les agriculteurs aux stratégies d’irrigation publiques. Ceux-ci possèdent le savoir-faire local nécessaire pour déployer des systèmes d’irrigation efficaces, en limitant au maximum les conséquences négatives pour l’environnement.     

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