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Escargot géants : Combinaison gagnante

Très prisée en Afrique de l’Ouest et centrale par certaines communautés, la chair de l’escargot géant permet aussi de lutter contre la malnutrition et la pauvreté. Ramassés pendant la saison humide, ils se font rares. L'élevage devient de plus en plus nécessaire.

Manger des escargots géants africains, principalement les espèces Achatina achatina et Archachatina marginata en Afrique de l’Ouest et centrale, est excellent pour la santé. La chair est riche en protéines, faible en lipides et contient des acides aminés et du fer ; elle permet de combattre l’anémie et guérirait l’épilepsie ou encore la coqueluche. Si l’escargot géant est apprécié par toutes les couches de la population avec une demande généralement supérieure à l’offre, le développement des cultures, la déforestation, l’agriculture sur brulis ou encore une cueillette trop intensive menacent le peuplement sauvage.

Développer l’élevage

Développer l’élevage à petite échelle de ces escargots est avantageux à plus d’un titre. Cela permet de lutter contre la malnutrition mais génère aussi un revenu complémentaire aux hommes et femmes qui s’y adonnent, contribuant ainsi à réduire la pauvreté. Une étude menée au Nigeria (Reducing poverty through snail farming in Nigeria par O. Mary Agbogidi et B. C. Okonta) a montré que les escargots, non seulement participent au régime alimentaire, mais sont aussi une source importante de revenus pour certains agriculteurs habitant en lisière et/ou dans les forêts tropicales. Ramassés à l’état sauvage pendant la saison des pluies, ils sont vendus le long des routes et dans certains marchés ruraux et urbains. L’étude conclut que le pays gagnerait à domestiquer ces gastéropodes pour les rendre disponibles tout au long de l’année et diminuer leurs prix.

En effet, en période de saison sèche, lorsque les escargots entrent en hibernation, les revenus générés par la vente sont de 1,5 fois supérieurs à ceux en saison des pluies. Les élevages commerciaux sont encore peu développés. Pourtant, les apports en capital, en équipement, en main-d’œuvre et en financement sont relativement faibles. La seule véritable contrainte est d’ordre climatique : il est nécessaire d’avoir une température constante et une humidité relativement importante. L’élevage peut se pratiquer à l’arrière des maisons, dans les cours, pour peu que les escargots soient maintenus dans un enclos bien fermé. S’échappant facilement, les gastéropodes peuvent provoquer d’importants dégâts aux cultures. Végétariens, ils sont friands de toutes sortes de végétaux, comme les feuilles, les fruits et les racines.

Une nourriture bien moins onéreuse que celle d’autres élevages comme la volaille.

Faciliter sa consommation

Frite, grillée, séchée, beurrée ou encore cuite au court bouillon, la viande d’achatine est présente dans de nombreux plats et sauces à travers toute l’Afrique de l’Ouest. Si les coquilles peuvent être vendues dans les magasins de souvenirs, leurs brisures constituent des aliments pour la volaille. Le professeur Daniel Zongo de l’École nationale supérieure d’agronomie de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire a développé la poudre de chair et de coquille d’escargot. Facilement fumée ou séchée, la chair peut être aussi surgelée ou mise en conserve, ce qui nécessite des investissements plus conséquents. Angelo Beni de la société ODAS à Cotonou au Bénin s’y est lancé en 2014 : “Les nouvelles générations apprécient les escargots mais souvent elles ne connaissent pas les procédés de transformation et disposent de moins de temps que les anciens. Notre objectif est que la chair d’escargot soit prête à l’emploi, comme toute autre viande, pour une cuisson rapide et disponible dans les rayons des produits surgelés”, indique Angelo Beni.

Avec un investissement initial de 60 millions de francs CFA (environ 92 000 €), l’unité transforme 800 000 escargots par an, ce qui représente environ 30 tonnes de viande conditionnée en sachets de 300 et 500 grammes et en cartons de 3 kilos. ODAS se procure les escargots auprès d’un réseau constitué de collecteurs individuels, qui les ramassent à l’état sauvage, et de coopératives qui pratiquent l’héliciculture dans l’ensemble de la sous-région. Aujourd’hui, ODAS distribue ses produits surgelés essentiellement à Cotonou, ainsi que de petites quantités au Nigeria et au Togo. À terme, l’entreprise compte se développer sur l’ensemble de la sous-région. Une ressource d’avenir si on parvient à la protéger en l’élevant. 

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