Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Les Caraïbes sèment les germes d’une agriculture résistante au changement climatique

Agriculture intelligente

Stratégies intelligentes

Après le passage destructeur de l’ouragan Maria, en septembre 2017, la Dominique et Barbuda s’attellent à “reconstruire, mais en mieux” leurs secteurs agricoles afin d’en renforcer la résilience.

Au lendemain de l’ouragan Maria, en septembre 2017, une évaluation des besoins post-catastrophe en Dominique menée par la Banque mondiale, l’Union européenne et les Nations unies a chiffré à 160 millions d’euros les pertes dans le secteur agricole. Dans un premier temps, la FAO a mobilisé 565 000 euros à des fins d’intervention d’urgence et, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche de la Dominique, plus de 4 000 foyers se sont vus remettre des intrants agricoles tels que semences, plants, réservoirs d’eau, outils, engrais, aliments pour animaux et matériel pour abris d’animaux. Des projets d’urgence ont également été mis sur pied pour réhabiliter le secteur de la pêche, qui a subi des dommages à hauteur d’environ 2,4 millions d’euros, en fournissant des filets de pêche, des systèmes de réfrigération et du matériel de pêche. Les agriculteurs seront également formés aux techniques de production agricole climato-intelligentes, à l’accès aux marchés et à la nutrition.

En plus de fournir une assistance immédiate à court terme, en coordination avec le ministère dominicain de l’Agriculture et de la Pêche, la FAO a défini des domaines prioritaires essentiels pour la réhabilitation à long terme du secteur agricole. “Le déblaiement des routes et des terres agricoles reste indispensable pour permettre à de nombreux agriculteurs du pays de reprendre leur production agricole”, explique Daniele Barelli, spécialiste de la réduction des risques de catastrophe dans les Caraïbes et point focal Urgence à la FAO. “La région doit également procéder à un recensement agricole, le dernier datant de plus de 15 ans dans la plupart des pays, et recueillir et gérer des données historiques sur la récurrence des catastrophes naturelles et sur la production agricole des cinq à dix dernières années. Cette base de référence faciliterait l’évaluation de l’impact des catastrophes naturelles et permettrait de recommander des mesures de préparation, d’atténuation des risques et de relèvement pour soutenir le secteur.”

Reconstruire l’île de Barbuda

Le secteur agricole d’Antigua-et-Barbuda a également subi des dommages estimés à 400 000 euros, qui ont surtout affecté les cultures sur pied, les machines, les outils agricoles et le bétail. Avant la catastrophe, Barbuda avait adopté un “concept d’île verte” pour renforcer sa résilience climatique et assurer sa sécurité alimentaire. Au cœur de celui-ci, les sources d’énergie alternatives, au rang desquelles l’énergie solaire et éolienne, les serres intelligentes, l’agriculture biologique, la mécanisation, l’utilisation efficace des ressources hydriques et la valorisation des produits agricoles par la transformation et le conditionnement. Pour développer ce concept, un modèle de système hydroponique est en cours d’installation dans la plus grande école secondaire de l’île, la Sir McChesney George Secondary School. Il s‘agit d’une initiative menée conjointement par l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture, le Caribbean Agricultural Research and Development Institute et d’autres partenaires. Ce système devrait être 10 à 18 fois plus productif que les méthodes agricoles conventionnelles et fournira au moins 30 % des produits alimentaires du programme alimentaire de l’école. L’initiative permettra en outre aux élèves d’acquérir une expérience pratique du fonctionnement du système et assurera à l’échelon national des formations à la construction et au fonctionnement de celui-ci.

Soutenir le relèvement

Soucieuse d’améliorer encore les capacités techniques et institutionnelles de gestion des catastrophes et des risques climatiques, ainsi qu’en matière d’agriculture durable dans la région, la FAO déploie également un projet au Guyana, en Jamaïque et au Suriname. Un autre projet, mené sur l’île de la Grenade, en Jamaïque et à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, évalue actuellement la possibilité de proposer une assurance contre les risques agricoles. “Nous avons aussi fourni une assistance technique à l’élaboration de propositions de préparation aux risques au Guyana et à Saint-Christophe-et-Niévès en vue de l’accès au Fonds vert pour le climat, qui investit dans le développement à faibles émissions et résilient face au changement climatique”, explique Lystra Fletcher-Paul, coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour les Caraïbes. “Alors que la plupart des pays des Caraïbes ne sont pas de grands émetteurs de gaz à effet de serre, l’impact des changements climatiques les a touchés extrêmement durement.”

C’est pourquoi la FAO, en collaboration avec la CARICOM, une organisation intergouvernementale régionale, et ses partenaires des Caraïbes, se prépare aux futurs événements météorologiques extrêmes en élaborant une stratégie régionale d’intervention d’urgence ainsi qu’un plan d’action pour le secteur agricole axé sur les principaux défis de la coordination, des données et des communications. Cette stratégie et ce plan devraient être prêts avant le début de la prochaine saison des ouragans, entre juin et novembre 2018.

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