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Invasion salutaire

Agriculture intelligente

Cactus opuntia

À Madagascar, des chercheurs ont mis en évidence les atouts de la figue de barbarie, plante invasive certes, mais indispensable à bien des égards.

Des scientifiques malgaches des universités de Toliara (au sud de l’île) et d’Antananarivo (la capitale) défendent les atouts de la figue de barbarie. Présentés dans le média SciDev, leurs travaux soulignent les vertus nutritionnelles des fruits de ce cactus opuntia riche en calcium, en magnésium et en vitamine C. Un aliment précieux dans le sud de Madagascar, selon les chercheurs, où plus d’un million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire.

L’opuntia est déjà largement utilisé par la population du sud de l’île. Celui que les Malgaches appellent “raketa mena” (“raketa” car ses feuilles ont une forme de raquette et “mena” qui veut dire rouge, comme son fruit) a de nombreuses utilisations. Ses fruits sont consommés et ses feuilles servent de fourrage après avoir été brûlées pour en enlever les épines.

Pendant la longue période de sécheresse de sept mois, les cactus sont une précieuse ressource en eau pour les hommes et le bétail. Sur le plateau Mahafaly au sud-ouest, quand les mares sont vides, la consommation des fruits et des feuilles permet aux hommes et aux animaux de tenir encore deux à trois mois avant de recourir à de l’eau stockée ou achetée.

Importé au XVIIe siècle par les Français pour former des barrières naturelles infranchissables, ce cactus couvert de grandes épines n’a pas toujours eu bonne presse. Il présente en effet tous les caractères d’une plante invasive. Ses détracteurs montrent alors comment l’opuntia gagne du terrain au sud de l’île, en prenant le pas sur les buissons locaux mais aussi dans des zones un peu plus fertiles. Mais force est de constater que le cactus rouge est devenu une ressource trop précieuse pour être retirée du milieu. La tentative d’éradication de l’opuntia au début du XXe siècle avait ainsi été catastrophique lors de la grande sécheresse de 1930. L’introduction d’une cochenille parasite avait largement décimé l’espèce, privant ainsi les populations. “Cette éradication a contribué à l’une des plus grandes famines du siècle (manque d’eau et de nourriture) tant cette espèce était, et est toujours, importante pour les populations”, explique l’ethnobotaniste Stéphanie Carrière, de l’Institut de recherche pour le développement. L’histoire de l’opuntia à Madagascar souligne ainsi la complexité de la place des plantes invasives dans les sociétés humaines.

Interrogés par le média SciDev, les chercheurs proposent une valorisation plus large de l’opuntia grâce à la vente de produits transformés lucratifs, comme des jus, des huiles alimentaire ou essentielle. Selon eux, des petites unités de transformation permettraient aux populations de ces régions très pauvres de valoriser cette ressource locale.

Mais les tentatives d’exploitation commerciale se sont pour l’instant heurtées aux réalités des populations, qui doivent en priorité faire face aux graves problèmes de sécheresse, et ne disposent pas de suffisamment de temps pour développer une activité de transformation. Cette année, le phénomène El Niño a décuplé les épisodes secs dans la région. Le cactus rouge n’a donc pas fini d’être indispensable. 

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