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La recherche pour renforcer la filière lait en Afrique

Press review

Avec les revenus du lait, la famille de ce jeune garçon a pu payer les frais de scolarité des enfants, rénover la maison familiale et investir dans d'autres entreprises générant des revenus.

© Panos/Sven Torfinn

Un symposium sous le thème « lait, vecteur de développement », a rassemblé les 13 et 14 juin à Dakar plusieurs délégués, dont des acteurs de la filière, des experts et des décideurs politiques.

Organisée par plusieurs institutions de recherche, notamment l’Institut sénégalais de recherche en agriculture (ISRA), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD, France) et l’Institut national de la recherche agronomique (INRAD, France), avec le soutien de la FAO, la rencontre avait pour objectif d’encourager la mise en place et la structuration de modèles de développement laitier porteurs.

© Panos/Sven Torfinn

Selon la FAO, environ 150 millions de ménages dans le monde sont impliqués dans l’industrie du lait.

Au cours des trois dernières décennies, la production mondiale de lait a augmenté de plus de 58%, passant de 522 millions de tonnes en 1987 à 828 millions de tonnes en 2017.

Mais les modèles de production, tout comme les échelles et les pratiques, varient énormément selon les régions, et en fonction de nombreux paramètres comme les races des vaches, la diversité des cultures et la place du lait dans les régimes alimentaires.

En Afrique, la production de lait croît plus lentement que dans d'autres régions en développement, à cause de la pauvreté et, dans certains pays, de conditions climatiques défavorables.

Les participants au symposium de Dakar se sont notamment intéressés aux moyens de tirer le meilleur parti de chaque modèle et de l’adapter au contexte de mondialisation et à la durabilité.

La plupart des experts et producteurs se sont accordés sur un point crucial : l’amélioration de la production laitière passe d’abord par une bonne alimentation du bétail.

En clair, il s’agit d’avoir des fourrages de qualité distribués à temps, en dépit des aléas climatiques.

Dans certains pays comme le Mali, des contraintes liées à la disponibilité foncière pour ces cultures fourragères et la main d’œuvre qu’elles requièrent ont été identifiées.

Moustapha Dia, président de l’Association sénégalaise pour le développement de Namarel et des villages environnants (Adena) estime pour sa part qu’il faut renforcer la recherche sur les fourrages, pour améliorer la qualité des aliments de bétail.

Pour sa part, Philippe Collin, de l’ONG Agronomes et vétérinaires Sans Frontières (AVSF), estime que « pour une plus grande efficacité, la recherche sur les fertilisants doit être intégrée dans le schéma global de production ».

Parallèlement, d’autres experts soulignent le rôle de la génétique comme puissant levier pour améliorer la qualité du troupeau et, partant, la production laitière et celle de la viande.

C'est le cas de Malick Faye, expert en élevage au bureau de la FAO à Dakar, qui estime, à titre d'exemple, que la race hollandaise « Holstein » peut produire jusqu'à 40 litres par jour, alors que la plupart des vaches en Afrique ne produisent que 2 à 3 litres sur la même échelle de temps.

« Le métissage ou croisement génétique permet de produire entre 10 et 15 litres par jour », explique l’expert.

Mais de nombreux écueils restent à surmonter.

Le Sénégal, à travers le ministère de l’élevage, a développé des programmes d’insémination artificielle, en ciblant des éleveurs pour créer une masse critique de volontaires dans cette activité, mais en raison des dissimilitudes entre les objectifs des autorités et ceux des producteurs, les résultats sont pour le moment limités.

« L’insémination artificielle n’est pas bien maîtrisée par certains techniciens et producteurs. C’est tout un processus complexe qui commence depuis le choix de l’animal », explique encore Malick Faye.

« Les races de chez nous sont adaptées à notre environnement, mais leur capacité de production laitière sur le plan industriel est limitée, d'où l'importance de faire des croisements avec des espèces qui viennent d’ailleurs, pour améliorer ce que nous avons ici », explique à SciDev.Net Gouantoueu Robert Guei, coordonnateur du bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et représentant de la FAO au Sénégal.

Mamadou Moussa Ba

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