Adaptation : Des cultures résistantes au changement climatique

Le réchauffement climatique exerce une pression sans précédent sur les producteurs vivriers, en particulier sur les petits exploitants qui dépendent de cultures traditionnelles menacées par l’évolution des conditions environnementales. Les chercheur développent actuellement de nouvelles variétés de cultures résistantes au changement climatique – mais est-ce une solution réaliste pour les petits exploitants ?

28 nouvelles variétés de riz ont été introduites pour surmonter les problèmes liés au climat dans les écosystèmes rizicoles © C Rose

es horticulteurs internationaux du CIAT ont mis au point 30 nouvelles variétés de haricot résistantes à la chaleur et donc à la hausse des températures en Afrique et dans d’autres pays en développement. L’objectif est aussi de faire face aux prévisions selon lesquelles, d’ici 2050, le changement climatique pourrait réduire de 50 % la superficie des terres adaptées à la culture des haricots (voir Spore 177). Généralement, le rendement des haricots commence à diminuer lorsque la température dépasse 19 °C, mais ces nouvelles variétés restent productives même quand les températures nocturnes excèdent 22 °C. 

Pour contribuer à relever les défis liés au changement climatique dans lesécosystèmes rizicoles, l’Institut international de recherche sur le riz et ses partenaires ont également annoncé, début 2015, l’introduction de 28 nouvelles variétés de riz à haut rendement et résistantes aux stress, destinées à aider les agriculteurs à maintenir des rendements élevés. Ces variétés comprennent un riz résistant à la salinité pour la Gambie, un riz résistant au froid pour le Mali et le Sénégal, et un riz tolérant la toxicité ferreuse pour le Burkina Faso, le Ghana et la Guinée.

Selon des découvertes récentes de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides, les variétés de cultures hybrides enregistrent des performances deux fois supérieures à celles des cultures ordinaires en situation de stress thermique et hydrique. Toutefois, malgré le potentiel évident des variétés hybrides, il est nécessaire de trouver des solutions d’adaptation au changement climatique spécifiques au contexte et à la situation locale. S’agissant des cultures vivrières de base dans le Sud, les variétés hybrides peuvent mettre en danger les ressources des petits agriculteurs et se révéler difficiles à cultiver dans des conditions météorologiques de moins en moins prévisibles.

Par exemple, dans les régions productrices de maïs du Kenya et du Mozambique, les agriculteurs rejettent les nouvelles variétés hybrides de maïs, et privilégient les variétés traditionnelles existantes en raison du manque de précipitations et de la difficulté d’obtenir les intrants nécessaires pour cultiver des semences hybrides. Les cultivateurs préfèrent également le goût du maïs traditionnel et le fait de pouvoir produire leurs propres semences au lieu de devoir acheter de nouvelles semences hybrides à chaque saison. Si la recherche entend continuer à mettre au point de nouvelles variétés résistantes au changement climatique, il faut également instaurer des systèmes de distribution et un accès aux intrants viables pour les petits exploitants et prendre en considération les préférences des agriculteurs pour certaines qualités spécifiques des cultures. 

Maina Waruru & Munya Makoni

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union européenne (UE). Le CTA opère dans le cadre de l’Accord de Cotonou et est financé par l’UE.