Repas scolaires : au Mozambique, des agriculteurs cultivent pour les écoles

En fournissant à 170 écoles de quoi préparer des repas quotidiens, des milliers d’agriculteurs du Mozambique participent à l’amélioration de la nutrition et de l’éducation des enfants. En échange, les 80 associations d’agriculteurs impliquées dans cette initiative reçoivent des semences et des formations à la gestion des cultures afin de produire des fruits et légumes nutritifs.

Au Mozambique, les écoles servent des repas nutritifs à plus de 64 000 élèves. © World Vision Mozambique

Au Mozambique, pour améliorer les mauvais résultats et redresser les taux de fréquentation des écoles primaires des zones rurales, des associations d’agriculteurs de la province de Nampula, dans le nord du pays, fournissent des produits frais en vue de préparer quotidiennement les repas d’au moins 64 000 enfants. Avec le soutien de World Vision (WV), des milliers d’agriculteurs ont ainsi pu accroître durablement leur production et fournir suffisamment d’aliments pour réduire la faim dans les écoles et aider les élèves à poursuivre leur éducation.

Paulo Adelino, président du groupe d’agriculteurs Wakhaliherya, se souvient : “Autrefois, beaucoup d’enfants arrêtaient l’école car ils n’étaient pas suffisamment motivés pour rester en classe pendant des heures avec le ventre vide.” Dorénavant, à l’école primaire Intenta, “les élèves sont heureux car ils reçoivent de la xima [purée de maïs] et des haricots”. Ces aliments sont fournis par l’association d’agriculteurs de M. Adelino, avec le soutien du Educating Children Together Project (ECTP) de WV, lancé en octobre 2012 dans les districts de Muecate et Nacaroa de la province de Nampula.

À court terme, l’initiative contribue à la réduction de la faim. À long terme, elle continuera à améliorer la production agricole, ainsi que la santé et l’alphabétisation. “Deux de nos agronomes travaillent avec des agriculteurs pour développer de nouvelles techniques agricoles visant à améliorer la production, la diversité des cultures et le rendement”, explique José Daniel, directeur adjoint de la deuxième phase de l’ECTP. “Nous distribuons également des semences et des fournitures agricoles à 80 associations, qui représentent environ 1 600 petits exploitants. Ces associations travaillent avec 170 écoles.” Au cours des trois prochaines années, les associations d’agriculteurs vont développer leurs capacités de production grâce au soutien des agronomes et aux formations à l’agribusiness. Elles ont convenu de faire don de 30 % de leur production aux écoles.

La diversité alimentaire et la valeur nutritionnelle des repas scolaires forment une composante majeure de l’initiative et ont été intégrées aux formations visant à développer les capacités des producteurs locaux. WV Mozambique et le gouvernement de la province de Nampula encouragent les agriculteurs à investir dans des produits de haute qualité, grâce à des formations ciblées, notamment à la gestion de la culture de certains fruits et légumes, comme l’ananas et la papaye. Les organisations d’agriculteurs reçoivent aussi une série de semences leur permettant de cultiver des aliments nutritionnels tels que le maïs, les cacahouètes et le chou. Comme le fait remarquer Anthony Akwenyu, chef de projet chez WV Mozambique, “en donnant du maïs, des haricots, du chou, des oignons, des poivrons et des tomates, les associations d’agriculteurs contribuent à promouvoir la diversité alimentaire dans les repas scolaires des enfants”.

Les avantages de ces régimes nutritionnels diversifiés pour l’éducation des enfants se font déjà sentir. “Une évaluation d’impact menée par WV a révélé que le nombre d’enfants capables de lire, d’écrire et de comprendre un texte spécifique à leur année scolaire [ou groupe d’âge] est passé de 8 % quand le projet a commencé en 2013 à 25 % en janvier 2016”, affirme M. Akwenyu.

Rita Vaz da Silva

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union européenne (UE). Le CTA opère dans le cadre de l’Accord de Cotonou et est financé par l’UE.