Mhealth : Des technologies mobiles pour la nutrition

En Angola, le fort taux de mortalité et la malnutrition infantiles sont régulés grâce à l’usage de SMS envoyés sur les téléphones portables des mères et des soignants. Des informations sur l’hygiène, la vaccination, permettent d’améliorer la santé des nouveaux-nés.

Des messages pré-enregistrés de 90 s. avec de précieux conseils sur la nutrition, la vaccination, la santé infantile, sont envoyés aux mères et sages-femmes par téléphone mobile. © Tereza Hronova

En Afrique subsaharienne, plus d’un tiers des décès d’enfants de moins de cinq ans (1,5 million par an) sont liés à la malnutrition, affirme l’OMS. En Angola, pas moins d’un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de cinq ans. Bien d’autres souffrent d’un grave retard de croissance, ce qui les empêche de devenir des adultes en bonne santé et actifs. Les enfants nourris exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois sont en meilleure santé et plus robustes. Malheureusement, en Angola, seul un bébé de moins de six mois sur dix est nourri au sein. 

Pour contribuer à la lutte contre la malnutrition en Angola tout en exploitant l’un des taux de pénétration des téléphones portables les plus élevés d’Afrique (74 abonnés sur 100 habitants), People in Need (PIN), une organisation sans but lucratif tchèque, a lancé un projet de santé mobile (mHealth). L’organisation avait déjà mis en œuvre avec succès une initiative similaire au Cambodge. 

“Ce projet de santé mobile lancé en Angola vise à améliorer la santé et la nutrition des nouveau-nés et à réduire la mortalité infantile”, explique Claudia Oliveira, de PIN Angola. “Chaque semaine, nous envoyons des messages préenregistrés de 90 secondes aux mères et aux soignants. Les informations communiquées concernent le développement de l’enfant, la nutrition, la vaccination, la prévention des maladies et l’hygiène. Ils sont envoyés aux mères jusqu’à ce que leurs enfants aient six mois, une période clé pour l’amélioration de la santé et de la nutrition des nouveau-nés”,  explique-t-elle. Les sages-femmes traditionnelles, qui assistent plus de la moitié des naissances en Angola, n’ont généralement qu’une formation limitée et ont des habitudes culturelles parfois risquées pour les mères et les nouveau-nés. Elles sont aujourd’hui plus de 350 à avoir bénéficié de la formation de PIN axée sur l’amélioration de leurs pratiques dans le domaine de la santé. Elles sont à présent en mesure de surveiller les femmes enceintes et de les envoyer chez un médecin spécialisé lorsqu’un problème dépasse le champ de leurs compétences. Les sages-femmes ayant été formées recevront bientôt les premiers messages de santé néonatale. D’ici septembre 2017, PIN espère atteindre au total 60 000 mères de six municipalités des provinces de Bié, Huambo et Huila. Si les projets mHealth sont de plus en plus répandus en Afrique, une étude menée en 2015 dans 10 pays d’Afrique par la fondation GSMA Mobile for Development Foundation montre que seuls 8 % des projets de santé mobile, comme cette initiative de PIN, sont axés sur la nutrition. 

 

Rita Vaz da Silva

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