Prévisions météorologiques : Face au changement climatique, les agriculteurs à l’écoute

Au Burkina Faso et en Zambie, la radio diffuse des informations météorologiques. Les petits agriculteurs peuvent ainsi atténuer les effets des sécheresses, des inondations et des précipitations irrégulières.

En Zambie, des agriculteurs reçoivent des prévisions météo via la radio et leurs téléphones portables. © Moses Zangar/UNDP

Les services d’agrométéorologie aident près d’un million d’agriculteurs zambiens à renforcer leur résilience face aux aléas climatiques. Le Projet de mécanismes d’alerte rapide et d’information sur le climat, soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement, fournit des prévisions météorologiques et des conseils agricoles réguliers aux communautés d’agriculteurs pour les aider à adapter les variétés cultivées en fonction de la météo et stimuler ainsi la production agricole. Plus de 68 stations météorologiques automatisées et 40 stations manuelles ont déjà été installées. Le projet peut ainsi indiquer aux agriculteurs, avant l’ensemencement, si la saison sera sèche et, dans ce cas, leur conseiller des variétés qui requièrent moins d’eau que les variétés habituelles. “Nos mises à jour régulières des conditions météorologiques permettent aux agriculteurs de planifier leurs cultures avec 10 jours d’avance pendant la saison des pluies”, explique Edson Nkonde, directeur intérimaire du Service météorologique de Zambie.

Les bulletins météorologiques sont envoyés par SMS en anglais à des agriculteurs influents, qui relaient ensuite l’information en langue locale auprès des autres producteurs. Le projet a établi un partenariat avec la Société nationale de radiodiffusion de Zambie (ZNBC), ce qui lui permet d’accéder à une audience de 6 millions de petits producteurs agricoles dans tout le pays. Afin d’améliorer la capacité de ceux-ci à gérer les risques, le projet collabore avec des radios communautaires dans les districts pilotes pour diffuser les prévisions saisonnières en langue locale et former les présentateurs à l’interprétation de ces informations. “Nous savons aujourd’hui que les méthodes traditionnelles pour prévoir la météo ne fonctionnent simplement pas”, observe l’agriculteur Sililo Musepei. “Avec les bulletins météorologiques, je peux savoir s’il va pleuvoir demain et garder mon engrais pour un autre jour si c’est le cas.”

En disposant de meilleures informations pour décider quand, comment et quoi planter, les agriculteurs obtiennent de meilleurs rendements et voient ainsi leurs revenus augmenter. “Grâce aux informations météorologiques, ma production de maïs est passée de moins d’une tonne par hectare à 5 tonnes, assure l’agricultrice Roida Zulu. Je vais en garder une tonne pour ma consommation et vendre les quatre autres pour contribuer à payer les frais de scolarité de mes enfants.”  Gertrude Sililo, une autre agricultrice, ajoute : “Cette saison, ma récolte a été nettement supérieure à la moyenne. Mon voisin, qui a utilisé la méthode traditionnelle pour prévoir la météo, n’a rien récolté du tout, alors qu’il avait utilisé des engrais et des semences certifiées.”

Au Burkina Faso, une émission de radio hebdomadaire lancée par la FAO en collaboration avec l’Agence météorologique nationale fournit également des prévisions météorologiques et des conseils agronomiques à plus de 200 000 agriculteurs-éleveurs. Parmi les sujets abordés figurent notamment la gestion des ressources naturelles, la fertilité des sols et l’utilisation de pesticides, ainsi que la prévention et l’éradication des maladies animales. “Radio Climat m’a permis de diversifier mes cultures”, reconnaît Moussa Sékou. “Avant, je produisais uniquement du maïs, mais, comme l’émission me donnait une idée de la pluviométrie au cours de la semaine, j’ai aussi produit du riz pendant les périodes plus humides. En suivant les conseils de Radio Climat, j’ai fauché beaucoup d’herbes que je vais conserver et sécher pour nourrir mon petit troupeau pendant la saison sèche.”

Olivia Frost & Dieudonné Edouard Sango

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union européenne (UE). Le CTA opère dans le cadre de l’Accord de Cotonou et est financé par l’UE.