Produits surgelés : Au Bénin, la pêche locale à bon port

L’entreprise béninoise Awa Fish figure parmi les plus importantes sur le marché des produits de la mer congelés L’une des clés de sa réussite est sa proximité avec ses fournisseurs : les pêcheurs artisans. Comme beaucoup d’entreprises, ses principales difficultés sont l’accès au financement et les coupures d’électricité.

Awa Fish doit son succès à sa fondatrice, Awa Codjo, et son business model innovant. © MCC

Dans le port de Cotonou, au Bénin, Awa Fish, fondée et dirigée par Awa Codjo, est l’une des deux premières exportatrices de produits de mer congelés vers le gigantesque marché Nigérian. L’une des clés de sa réussite : un lien étroit avec plus de 400 familles de pêcheurs.

“Lors d’une visite au port de pêche, je me suis rendue compte que les pêcheurs étaient obligés de jeter les invendus de leur prise journalière pendant la haute saison. Cela m’a donné l’idée de stocker ces invendus, d’où la construction des chambres froides”, explique Awa Codjo. De 170 tonnes de poisson congelé par an dans les années 1990, l’entreprise a atteint aujourd’hui une capacité de 700 tonnes. Ainsi, beaucoup des 4000 pêcheurs de la côte béninoise ne sont plus obligés de vendre leurs produits au détail, parfois à perte, ni de jeter leurs invendus.

En 2009, Awa Fish a reçu un prêt de 350 000 dollars dans le cadre d'un accord sur 5 ans entre le gouvernement du Bénin et le Millennium Challenge Corporation (MCC) – une agende américaine d'aide au développement – pour l'achat de nouvelles chambres froides et le financement d'une formation à la comptabilité pour son personnel. Mieux équipé, Awa Fish s’est trouvé en position de négocier les prix auprès des détaillants. Devenue plus crédible auprès des institutions financières, l’entreprise a doublé sa ligne de crédit.

Reste à faire face à l’un des principaux défis des entrepreneurs du secteur : la fourniture en électricité, peu fiable. En 2015, la MCC et le gouvernement béninois ont signé un accord – Benin power contact – de 375 millions de dollars afin d’augmenter la production d’électricité, en améliorer la distribution et mettre en place des réformes pour les investissements public-privés du secteur de l’énergie. Evoquant Awa Fish, le PDG de la MCC de l'époque Dana J. Hyde a déclaré : “une fourniture fiable en électricité signifie qu’elle ne dépendra plus de générateurs très chers pour garder ses poissons congelés lors des coupures de courant”.

Claude Biao

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