Afrique subsaharienne : la sécurité maritime indexée et cartographiée

En mesurant l’impact de la piraterie, de la pêche illicite ou de la traite d’êtres humains sur les économies des pays d’Afrique subsaharienne, un indice permet de prendre des mesures adaptées.

Les navires étrangers capturent trois fois plus de poissons que les pêcheurs somaliens. © Jean-Pierre Larroque/One Earth Future

Premier indice de ce genre, le Stable Seas Maritime Security Index étudie comment des problèmes complexes tels que la piraterie, la pêche illicite, la traite d’êtres humains et d’autres crimes se recoupent et finissent par créer des environnements maritimes particulièrement dangereux. Développé et lancé en octobre 2017 à Malte par l’ONG One Earth Future (OEF), cet indice constitue la première tentative d’ampleur de cartographier et mesurer la combinaison unique de menaces auxquelles sont confrontés les pays d’Afrique subsaharienne. L’outil interactif, présentant des cartes et des solutions et axé sur les eaux au large de l’Afrique subsaharienne, montre comment chacun des pays parvient à surmonter ces problèmes et identifie les défis auxquels ils devront encore faire face.

En Somalie, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée par des navires étrangers menace la sécurité et l’économie bleue. D’après Oceans Beyond Piracy, l’un des trois programmes d’OEF ayant développé l’outil en partenariat avec Secure Fisheries et OEF Research, le coût de la piraterie dans les eaux somaliennes représenterait pas moins de 23 milliards d’euros pour l’économie mondiale depuis 2010. En outre, des recherches menées par Secure Fisheries montrent que les navires étrangers capturent trois fois plus de poissons que les navires somaliens, pour un coût estimé à 254 millions d’euros au pays par an.

Le Stable Seas Maritime Security Index explore les facteurs et les conséquences de la piraterie et de la pêche illicite, et souligne l’importance de lutter contre ces activités interconnectées qui sont autant de menaces à une sécurité maritime durable. L’indice insiste sur le fait que les solutions à l’insécurité maritime doivent s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité et reposer sur les efforts multilatéraux et la coopération entre pays.

L’indice catalogue neuf problématiques qui interagissent entre elles, comme le résume le Dr Christian Trimua, directeur exécutif du Centre interrégional de coordination, basé à Yaoundé et qui est en charge de la stratégie de mise en œuvre régionale de la sécurité maritime en Afrique centrale et de l’Ouest : “La piraterie ne pourra être éradiquée tant que la question de la pêche illicite sera négligée. Et celle-ci ne pourra quant à elle pas être réglée tant que la pollution sera négligée... La solution à l’un des problèmes passe par la prise en compte des autres.”

Sarah Glaser

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union européenne (UE). Le CTA opère dans le cadre de l’Accord de Cotonou et est financé par l’UE.