Partager les risques : Un objectif difficile pour 2017

Un mécanisme innovant visant à diminuer les risques dans les prêts au secteur agricole a pour objectif de stimuler la transformation de toutes les chaînes de valeur agricoles. L’entreprise de partage des risques, filiale de la Banque centrale du Nigeria, permet à tous les acteurs de l’agriculture de bénéficier de financements abordables.

L'objectif du NIRSAL est de mettre à disposition des financements abordables tout au long des chaînes de valeur agricoles © Mile 91/B Langdon

Le Système nigérian de partage des risques basé sur l’incitation pour des crédits agricoles (NIRSAL) s’est fixé pour 2017 l’objectif difficile d’attirer 60 milliards de nairas (180 millions €) de nouveaux prêts bancaires commerciaux vers l’agriculture, essentiellement en offrant des garanties aux prêteurs, en favorisant l’utilisation d’assurances et en fournissant un appui technique pour améliorer la bancabilité des agro-entreprises. La somme étant dix fois plus importante que le propre bilan actuel du NIRSAL, l’ampleur des fonds à mobiliser est énorme. Avec l’appui de la Banque centrale du Nigeria, le NIRSAL a de solides antécédents dans la diminution des risques des prêts agricoles depuis sa création en 2011, mais comment pourra-t-il s’acquitter de cette tâche monumentale ? 

Au Nigeria, le NIRSAL a établi en février 2017 un partenariat avec le ministère fédéral des Ressources en eau pour faciliter les investissements du secteur privé visant à optimiser les terres, infrastructures et ressources hydriques sous-exploitées dans les onze Autorités de développement des bassins fluviaux (RBDA). Celles-ci, créées dans les années 1970 et 1980 pour assurer la disponibilité de ressources hydriques fiables permettant de cultiver toute l’année, n’ont pas répondu aux attentes. Selon le NIRSAL, l’investissement privé – facilité par les garanties de partage des risques du NIRSAL – permettra de moderniser et utiliser pleinement les infrastructures.  

Grâce à un autre partenariat, en décembre 2016, le NIRSAL a reçu 284 millions d’euros de la Banque africaine de développement qu’il utilisera cette année pour encourager les jeunes à ne pas abandonner l’agriculture. Les fonds serviront à garantir des prêts à des jeunes de 18 à 35 ans pour qu’ils identifient les opportunités et développent des plans commerciaux innovants dans divers domaines (aquaculture, cultures, commercialisation et transformation). Il s’agit de former une nouvelle génération de professionnels agricoles compétents pour améliorer la viabilité économique du secteur. 

Les performances du NIRSAL lui ont valu une reconnaissance internationale et ont déjà amené le gouvernement ghanéen à explorer un modèle semblable de partage des risques pour l’agro-financement. Le NIRSAL, très admiré à travers l’ensemble du continent africain, gagnerait toutefois à plus de transparence. Pour constituer un véritable modèle pratique pour d’autres gouvernements, l’initiative doit faire plus clairement la preuve de sa réussite, pas seulement en montrant que des financements commerciaux supplémentaires sont attribués à l’agriculture nigériane mais aussi qu’elle en a tiré profit

Helen Castell

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union européenne (UE). Le CTA opère dans le cadre de l’Accord de Cotonou et est financé par l’UE.