Légumineuses : Mieux formés, les petits semenciers se font une place dans la filière

Des petits producteurs reçoivent une formation sur mesure et des conseils financiers de la part de l'entreprise sociale Good Nature Pro, qui leur garantit aussi de bons prix pour leurs semences. Plus de 5000 agriculteurs apprennent ainsi à tirer profit de l'industrie semencière mondiale.

Good Nature Agro permet à des groupes de 40 producteurs de bénéficier des conseils d'un agent de vulgarisation pour améliorer leurs rendements et leurs revenus. © Good Nature Agro/Amie Fletcher

En Zambie, une approche communautaire de production et de marketing de semences aide les petits producteurs à accéder au marché lucratif et à fort impact des semences de légumineuses. Près de 5 200 producteurs reçoivent ainsi un ensemble de services personnalisés pour cultiver des semences de qualité et les vendre sous la marque “Good Nature Seeds”.

Tout est parti du constat de l’entreprise sociale Good Nature Agro, qui œuvre dans l'est du pays, selon lequel les semences représentaient le maillon faible de la chaîne de valeur des légumineuses. Autrement dit, il y avait là une opportunité pour les petits producteurs de combler un vide. Les semences étant traditionnellement difficiles à produire et coûteuses à l'achat, les petits producteurs étaient jusqu'à récemment exclus de l'industrie semencière, dominée par les intérêts des multinationales.

Le modèle holistique de l'initiative offre aux producteurs trois services clés qui leur sont en général difficilement accessibles : des financements personnalisés pour les intrants, une information fiable et un marché rentable. L'entreprise coordonne l'accès à un agent de vulgarisation pour 40 producteurs, des conseils personnalisés sur les engrais et le financement, ainsi qu’un marché garanti, puisque Good Nature Pro s'engage à acheter la production.

“Nous savons que le défi de l'augmentation des rendements et des revenus des petits producteurs est incommensurable, mais cela ne signifie pas qu'il faille des solutions ‘prêtes à appliquer’”, explique Carl Jensen, cofondateur et PDG de Good Nature Agro. “Les producteurs ont besoin de partenaires qui soutiennent leurs objectifs personnels et qui acceptent de les aider à tracer le chemin qui les y conduit. C'est ce que nous faisons différemment des autres.”

Samson Tembo, du village de Chikwanda, dans l'est de la Zambie, est l'un des producteurs bénéficiant de cette approche. À 37 ans, il espère tirer plus de 760 euros des 1 275 kg de haricots niébé qu'il a récoltés début 2017. “L'an passé, j'ai acheté deux vaches, six sacs d'engrais et payé l'école pour tous mes enfants. Cette année, mon objectif est d'agrandir ma maison au toit de tôle”, témoigne-t-il.

D'ici la fin de la campagne 2018-2019, Good Nature Agro ambitionne de rassembler 50 000 producteurs de semences, cultivant pour l'entreprise, aidés d'environ 1 000 vulgarisateurs.

Friday Phiri

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